La littérature est un sport de combat, affirmait Pierre Jourde en 2017. Et son œuvre est là pour le prouver. Depuis son premier livre, consacré à Huysmans, en 1991, à son dernier et étourdissant roman publié chez Gallimard, tout, chez Pierre Jourde, transpire l’amour de la littérature mais également l’envie d’en découdre avec celles et ceux qui ne lui témoignent pas les égards qu’elle mérite. À ce titre, plusieurs de ses essais ont suscité la polémique et ont valu à leur auteur une solide inimitié de la part des auteurs, éditeurs et petits barons du milieu littéraire parisien, peu habitués à être malmenés de la sorte.
Mais on aurait tort de réduire l’auteur, également professeur de littérature à l’Université de Grenoble, à ce rôle de trublion des lettres. Pierre Jourde a également signé quelques-uns des romans les plus marquants de ce début de siècle français, et des récits bouleversants, tels que Winter is Coming, pour lequel nous l’avions reçu en 2017. La Marchande d’oublies, sorti il y a quelques jours à peine, est peut-être l’un de ses romans les plus ambitieux. Et irracontable. Poétique, macabre et flamboyante, cette fresque nous plonge dans le monde des cirques et des foires, un monde de rêves et de faux-semblants, peuplé de marginaux, qui vient se heurter à l’essor de la psychiatrie alors que le XIXe siècle touche à sa fin.
Pierre Jourde était également présent à la première édition en 2017.