Professeur à l’université de Milan, collaborateur régulier à La Stampa, Antonio Scurati mène en parallèle une carrière de romancier qui lui vaut de premières distinctions, notamment pour Le Survivant qui obtient le prix Campiello en 2005.
Mais rien ne préparait au choc de M, l’enfant du siècle, premier tome d’une saga consacrée à Benito Mussolini. Prix Strega en 2019, l’ouvrage retrace en quelque 800 pages les mécanismes qui ont permis l’ascension du dictateur de 1919 à 1925. D’emblée, le style de Scurati frappe les esprits : des chapitres courts dans lesquels une reconstitution minutieuse des faits se mêle à un puissant pouvoir fictionnel.
Le même dispositif est adopté dans M, l’homme de la providence, qui aborde l’apogée du fascisme entre 1925 et 1933. Sorti en France en septembre 2023, M, les derniers jours de l’Europe reprend quant à lui le récit en 1938 et relate l’alignement sur l’Allemagne nazie, la mise en œuvre des lois raciales et la marche de l’Italie vers la guerre.
Tome après tome, le succès de la saga ne faiblit pas en Italie, culminant à plus de 500 000 exemplaires vendus. À mi-chemin entre l’histoire et la littérature, Scurati signe un portrait total, et une nouvelle lecture du fascisme qui fait d’ores et déjà date.