Depuis plus de trente ans, Jérôme Garcin est le grand ordonnateur du Masque et la Plume sur France Inter. Véritable institution, l’émission est la grande messe culturelle du dimanche soir pour plus d’un million d’auditeurs. Passé par Les nouvelles littéraires, l’Evénement du Jeudi et l’Express, le journaliste dirige également les pages culture de l’Obs.
Ce statut de saint patron de la critique littéraire, cinématographique et théâtrale fait parfois oublier que Jérôme Garcin est également un écrivain. Un écrivain qui a signé une vingtaine d’ouvrages, et dont l’oeuvre est hantée par l’absence. L’absence des siens, partis trop tôt, (La chute de cheval, en 1998, Olivier, en 2011), l’absence aussi de ceux qu’il n’a pu qu’aimer et admirer que de loin, tels Jean Prévost, Jacques Lusseyran, ou Gérard Philipe, auquel il a consacré son dernier ouvrage, Le dernier hiver du Cid, en 2019.
Les vies brisées, et plus largement les destins singuliers, sont d’une certaine manière le fil rouge de l’œuvre littéraire de Jérôme Garcin. Par sa plume, le temps d’un livre, l’écrivain semble vouloir leur rendre un peu de la vie, et de la reconnaissance, dont ils ont été privés trop tôt.