Le Goncourt décerné à Laurent Mauvignier en 2025 pour La maison vide a salué un grand roman, mais également une œuvre d’une qualité exceptionnelle, depuis son premier ouvrage, Loin d’eux, publié – déjà – aux éditions de Minuit en 1999.
Longtemps, et très injustement, l’œuvre de Mauvignier a pu être considérée comme difficile, et réservée à un petit cercle de lecteurs exigeants. Mais c’est confondre, comme souvent, littérature ardue et littérature ambitieuse.
Laurent Mauvignier ne s’est jamais rien interdit, s’emparant de sujets aussi divers que la guerre d’Algérie, avec Des Hommes, le drame du Heysel avec Dans la Foule, l’amour maternel avec Continuer, le 11 septembre avec Autour du Monde, et ou la fresque familiale, donc, avec La maison vide salué par le Goncourt.
Mais avec, toujours, une langue ample, somptueuse, et un art du portrait d’une justesse peu commune dans la littérature française contemporaine.
Pris dans le tourbillon de l’après-Goncourt, nous pensions Laurent Mauvignier inaccessible, mais la perspective de s’entretenir, sur la scène de Libri Mondi, avec un autre Goncourt, Jérôme Ferrari, avec qui la proximité littéraire est indéniable, a séduit l’écrivain tourangeau, et nous nous en réjouissons.