Photo © Francesca Mantovani

Mahamat-Saleh Haroun

Ce qu'en dit la presse ...

Quand il se fait romancier, Mahamat-Saleh Haroun donne dans la farce. Il ose tout. Sa verve est réjouissante. Elle ajoute à la force de la satire

Le Monde

Eric Moussambani. On ne se souvient pas de son nom, mais on se rappelle tous de son 100 mètres aux J.O. de Sydney en 2000. Le jeune équato-guinéen, qui n’avait de nageur que le nom, a péniblement terminé son épreuve, sous le regard mi-apitoyé, mi-goguenard du monde entier.

Mahamat-Saleh Haroun s’est inspiré de cette histoire pour Les Culs-reptiles. On reconnaît Moussambani en Bourma, le héros d’Haroun, qui va accomplir sensiblement le même parcours. Et l’on devine chez l’auteur le désir de redonner toute sa dignité à ce sportif d’un jour.

Au-delà, c’est le portrait amer d’un continent africain en proie à ses démons, condamné à reproduire sans cesse les mêmes erreurs, que dessine Haroun. Un continent où les gouvernants contemplent d’un oeil distrait la jeunesse, les culs-reptiles du titre, s’enfoncer dans l’apathie et le désespoir. Mahamat-
Saleh Haroun sait de quoi il parle. Réalisateur célébré dans le monde entier, et récompensé à Cannes et à la Mostra de Venise, il a été nommé ministre de la Culture au Tchad en 2017. Il a démissionné un an plus tard. 

Avec Les Culs-reptiles, cet artiste aux multiples talents signe un roman aussi drôle que bouleversant. Une fable d’une cruelle lucidité. « Et nos souvenirs du 100 mètres de Moussambani, à Sydney, en sont à jamais changés.

Bibliographie sélective

Bye Bye Africa

1999, prix du meilleur premier film à la Mostra de Venise

Daratt

2006, prix spécial du jury à la Mostra de Venise

Un homme qui crie

2010, prix du jury au festival de Cannes