Si le nom de Noëlle Renaude est connu, c’est avant tout comme dramaturge. Durant près de quarante ans, elle a signé une trentaine de pièces qui ont fait d’elle l’une des figures majeures du théâtre contemporain, et qui lui ont valu d’être faite commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2021.
La publication de son premier roman, Les Abattus, en 2020, chez Rivages Noir, au côté d’Ellroy, de Burke ou de Thompson, a surpris. Mais Noëlle Renaude écrit des livres qui n’ont que faire des étiquettes, des règles et des convenances. Les Abattus et son deuxième roman, Une petite société, nous ont emballés. Pas de suspense machiavélique, ici, mais une petite musique entêtante, lancinante, qui vous emporte dans un monde à la fois familier et étrange.
On pense, au détour d’une page, à Modiano, à Seichô Matsumoto, aux films de Chabrol… Et puis, très vite, on s’aperçoit que de telles comparaisons peinent à rendre justice à l’univers de Noëlle Renaude, habité d’une poésie brute, sans affect, et où chaque phrase ouvre un infini champ des possibles.
Il faudrait des pages entières pour résumer Les Abattus et Une petite société. Mais ces deux romans vous hanteront longtemps après les avoir terminés.