Il est le champion toutes catégories d’un genre, le pastiche, que certains réduisent un peu vite à un simple jeu littéraire. Le pastiche n’est pas la parodie.
Pour pasticher, il faut un talent d’orfèvre. Et puis, surtout, il faut être un vrai écrivain. Bien sûr, Pascal Fioretto souligne les tics, moque les travers, pointe du doigt les clichés usinés par les
auteurs qu’il pastiche. Et vous ne lirez plus jamais Marc Levy, Dan Brown (rien ne vous y oblige, notez bien), de la même manière après avoir ouvert Et si c’était niais ?, ou le Gay Vinci Code. Il en va de même, en 2019, avec Mélatonine, plus houellebecquien que nature.
Mais le pastiche vaut autant pour ce qu’il va nous apprendre sur le style de l’auteur pastiché que pour la qualité du texte final. Et au-delà de la jubilation qu’ils procurent, les livres de Pascal Fioretto sont un régal de lecture, d’une inventivité folle, d’une intelligence rafraîchissante, d’une érudition discrète.
Pascal Fioretto n’est pas du genre à faire de la moquerie son fonds de commerce. Ce serait un peu court. Il pastiche également les œuvres qu’il aime, comme L’Anomalie, d’Hervé le Tellier. Ce qui a valu cette phrase au prix Goncourt 2020 :
« Je peux désormais mourir : j’ai été pastiché ».


