Sébastien Rutés, auteur de sept romans, a le génie du pitch : sa production éclectique en témoigne.
Qu’il nous plonge dans le Paris de 1899 pour enquêter, au côté d’Oscar Wilde, sur les meurtres mystérieux de femmes piquées aux fesses par des aiguilles dans Le Linceul du vieux monde ; que l’on suive dans Mictlàn, la course effrénée de deux chauffeurs de camion transportant 157 cadavres ou qu’il nous entraîne, avec Pas de littérature, au côté d’un (faux) traducteur de la Série noire, à l’époque de Marcel Duhamel, dans un fabuleux pastiche de roman noir où même les voyous ont le bon goût de se piquer de littérature, Rutés sait surprendre à chaque roman.
Fin lettré, spécialiste de la littérature latino-américaine, auteur d’une thèse sur les stratégies de l’intertextualité dans l’œuvre de Paco Ignacio Taibo II (remaniée pour publication en Lénine à Disneyland) et traducteur, Rutés fait de ses romans un formidable terrain de jeu. Aussi à l’aise dans le polar historique que dans le roman noir ou le pastiche, facétieux, audacieux, inclassable, il nous rappelle que si la littérature est « le mirage par excellence », c’est avec un plaisir non dissimulé que le lecteur se laisse duper.