Thomas Cantaloube ne manque pas d’ambition littéraire.
En 2019, l’ancien journaliste de Mediapart signe son premier roman, Requiem pour une République. Une fresque dense, à la construction épatante, autour de la mort en 1959 d’un avocat algérien proche du FLN, et du massacre de sa famille. Au fil des pages, on y croise Papon, les hommes du SAC, Michel Debré, Jean-Pierre Melville ou encore un ancien résistant corse, convoyeur de drogue pour le Milieu, et amateur d’anisette.
Avec Frakas, deux ans plus tard, l’auteur confirme l’essai. Son héros, Luc Blanchard, se retrouve cette fois bien malgré lui au centre des tractations entre le pouvoir camerounais et les hommes de l’ombre de l’Elysée, alors que naît ce que l’on appellera très vite la Françafrique.
Thomas Cantaloube a publié Mai 67 le 11 mai dernier. Une nouvelle fois, les violences policières sont au cœur du roman. Luc Blanchard, installé en Guadeloupe, tente de laver l’honneur de la femme qu’il aime alors que l’île est la proie d’une grève d’ouvriers réprimée dans le sang. L’auteur fait preuve d’un talent peu commun pour donner vie aux périodes les moins glorieuses de notre histoire récente, au fil d’une plume aussi romanesque que solidement documentée.