PROGRAMME 2023
SEBASTIAN BARRY
VENDREDI 22 SEPTEMBRE / 18H30 - Museu di Bastia
Né en 1955 à Dublin, Sebastian Barry, poète, dramaturge, romancier, est considéré comme l’un des plus grands écrivains irlandais contemporains.
Son Irlande natale, son histoire familiale complexe constituent ses socles d’inspiration, mais il explore également le monde de l’adolescence, interroge les traumatismes des guerres, celle de 14-18 dans Un long long chemin, la guerre du Golfe dans Du côté de Canaan ou la guerre de Sécession dans Des jours sans fin, une époustouflante histoire d’amour entre
Thomas McNulty, orphelin irlandais, et John Cole, autre «copeau d’humanité», avec laquelle Barry obtient pour la seconde fois le prestigieux Costa Book Award. Barry nous conte des histoires de fantômes, de solitude, de jeunesse malmenée, dit avec justesse et sensibilité le poids des secrets, les héritages douloureux, les blessures qui anéantissent. Il est la voix des oubliés, des marginaux, des broyés qui, confrontés à la laideur du monde, auront pourtant parfois le courage de choisir la beauté de l’amour.
Son dernier roman, Au Bon vieux temps de Dieu, met en scène un ancien flic solitaire qui doit replonger dans un passé douloureux : si l’on retrouve les thèmes chers à Barry et sa prose captivante, l’écrivain irlandais sait toujours surprendre.
Ce qu'en dit la presse ...
« Des jours sans fin est un roman grandiose, au style puissant, qui croise autant l’histoire familiale de Barry que celle de son pays.»
Télérama
Bibliographie sélective




Le Testament caché, Éd. Joëlle Losfeld, 2009.
Des jours sans fin, Éd. Joëlle Losfeld, 2018.
Des milliers de lunes, Éd. Joëlle Losfeld, 2021.
Au bon vieux temps de Dieu, Éd. Joëlle Losfeld
NOËLLE RENAUDE
SAMEDI 23 SEPTEMBRE / 16H - Museu di Bastia
Si le nom de Noëlle Renaude est connu, c’est avant tout comme dramaturge. Durant près de quarante ans, elle a signé une trentaine de pièces qui ont fait d’elle l’une des figures majeures du théâtre contemporain, et qui lui ont valu d’être faite commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2021.
La publication de son premier roman, Les Abattus, en 2020, chez Rivages Noir, au côté d’Ellroy, de Burke ou de Thompson, a surpris. Mais Noëlle Renaude écrit des livres qui n’ont que faire des étiquettes, des règles et des convenances. Les Abattus et son deuxième roman, Une petite société, nous ont emballés. Pas de suspense machiavélique, ici, mais une petite musique entêtante, lancinante, qui vous emporte dans un monde à la fois familier et étrange.
On pense, au détour d’une page, à Modiano, à Seichô Matsumoto, aux films de Chabrol… Et puis, très vite, on s’aperçoit que de telles comparaisons peinent à rendre justice à l’univers de Noëlle Renaude, habité d’une poésie brute, sans affect, et où chaque phrase ouvre un infini champ des possibles.
Il faudrait des pages entières pour résumer Les Abattus et Une petite société. Mais ces deux romans vous hanteront longtemps après les avoir terminés.
Ce qu'en dit la presse ...
“Dans ce roman savamment orchestré, sombre, dur et déroutant, l’autrice distille le doute, creuse les failles, dévoile les âmes”.
Actualité




Bibliographie sélective
Madame Ka, éditions Théâtrales, 1999.
Les Abattus, Rivages/Noir, 2020.
P.M. Zeigler peintre, Editions Inculte, 2022.
Une petite société, Rivages/Noir, 2022.
PASCALE ROBERT-DIARD
SAMEDI 23 SEPTEMBRE / 17H - Museu di Bastia
Pascale Robert-Diard est l’une des chroniqueuses judiciaires les plus réputées de France. Dans les colonnes du Monde, elle relate les grands procès avec brio, depuis vingt ans. En parallèle, elle a publié plusieurs ouvrages remarquables sur le monde de la justice, en choisissant de raconter les êtres, plutôt que les rouages de la machine.
Il y a un an, Pascale Robert-Diard publiait son premier roman, La petite Menteuse. L’autrice ne s’est pas pour autant éloignée des prétoires, et son livre reste fermement ancré dans les préoccupations de notre époque.
Une jeune fille de 20 ans, Lisa, violée alors qu’elle était mineure, s’apprête à vivre le procès en appel. Elle change de défense, et veut être représentée par une femme. à travers les entretiens menés par sa nouvelle avocate, nous allons découvrir la suite d’événements, bien plus complexe qu’on l’imaginait, qui a emmené Lisa devant la cour d’appel.
Avec subtilité, audace, et un style indéniablement littéraire, Pascale Robert-Diard s’interroge sur le statut de la parole des victimes, et sur la place encore laissée au doute dans ce genre d’affaires. Elle offre également, dans ce prétoire transformé en théâtre, un portrait vibrant d’une humanité malmenée par son époque.
Ce qu'en dit la presse ...
« Un remarquable premier roman déstabilisant, d’un dépouillement formel et d’une gravité tout simenoniens. »
Télérama
Bibliographie sélective
La Déposition,
L’Iconoclaste, 2016.
La Part du juge, Arkhê, 2017.
Jours de crimes,
L’Iconoclaste, 2018.
La Petite Menteuse, L’Iconoclaste, 2022.




JERRY STAHL
SAMEDI 23 SEPTEMBRE / 18H - Museu di Bastia
Soigner sa dépression par l’écriture, c’est presque devenu un exercice obligé dans la littérature française. à la terrasse du café de Flore, de préférence. Jerry Stahl, lui, est Juif américain. Et il applique un autre remède. à travers Nein, nein, nein !, il se lance dans « une tournée des camps de la mort ». En voyage organisé.
De quoi, écrit-il, « prendre en pleine face la preuve de l’existence du mal ». Et relativiser ses déboires d’ancien toxico incapable d’être un père et un compagnon décents.
Ça vous paraît fou ? C’est parce que vous ne connaissez pas Jerry Stahl, l’un des secrets les mieux gardés de la culture pop américaine. Auteur de polars complètement barrés (Thérapie de choc pour bébé mutant, pourquoi quelqu’un ?), scénariste de deux films pornos culte, du film Bad Boys 2, d’épisodes de Twin Peaks et de Alf, il a également signé l’un des plus beaux romans sur le Hollywood de la fin du muet avec Moi, Fatty.
Dans Nein, nein, nein !, Jerry Stahl dénonce la transformation des lieux de mémoire de la Shoah en parcs d’attraction sur un ton drôle, grinçant, et cruellement lucide sur notre époque. Seul lui pouvait avoir l’idée d’un livre aussi casse-gueule que ce Nein, nein, nein ! Et, plus encore, seul lui pouvait le mener à bien avec un tel talent.
Ce qu'en dit la presse ...
« Jerry Stahl n’écrit pas de livres, il vous pousse sous des trains, vous jette dans des trous, vous traîne le long de tunnels – traversés de cris, de rires désespérés, de personnages irrationnels… »
Libération
Bibliographie sélective
À poil et en civil, Rivages/Thrillers, 2005.
Moi, Fatty,
Rivages/Thrillers, 2007.
Thérapie de choc pour bébé mutant, Rivages/Thrillers, 2014.
Nein, nein, nein !,
Payot-Rivages, 2023.
Permanent midnight,
Rivages, 2023.





CARLO LUCARELLI
DIMANCHE 24 SEPTEMBRE / 16H - Museu di Bastia
Depuis la mort d’Andrea Camilleri, avec qui il avait signé Meurtre aux poissons rouges en 2010, Carlo Lucarelli est peut-être l’auteur de Giallo le plus connu en France. Son œuvre, protéiforme, laisse une place importante au travail de mémoire, et porte un regard dur sur la société italienne, à travers les enquêtes de ses personnages récurrents, parmi lesquels le célèbre commissaire De Luca.
C’est De Luca, policier « au service des méchants et non des bons », que l’on retrouve dans le dernier roman de Lucarelli, Péché mortel. Nous sommes en 1943, le régime de Mussolini vacille, mais De Luca continue de faire son job. Et son job, c’est de comprendre à qui appartiennent ce corps sans tête, et cette tête sans corps, que l’on vient de retrouver à Bologne.
Indifférent aux soubresauts de l’Histoire, le commissaire se concentre sur son enquête, mais celle-ci va l’amener à plonger dans les arcanes corrompues du système fasciste.
Lucarelli, passionné d’Histoire, est également journaliste d’investigation, et l’Italie actuelle a peu de secrets pour lui. Il n’est pas interdit de deviner dans Péché mortel un écho troublant à notre époque.
Ce qu'en dit la presse ...
Mystère, suspense, coup de théâtre : ces fondements du polar sont habilement utilisés par le romancier Lucarelli, qui se souvient à bon escient de sa formation d’historien.
Le Temps
Bibliographie sélective
Guernica,
Gallimard, La Noire, 1998.
Almost blue,
Gallimard, La Noire, 2001.
La Huitième Vibration,
Métailié, 2010.
Une affaire italienne,
Métailié, 2021.
Péché mortel, Métailié, 2023.





MARIE VINGTRAS
DIMANCHE 24 SEPTEMBRE / 17H - Museu di Bastia
« Un jour, en marchant dans la rue, le début d’une histoire m’est venue ». Par ces mots simples, Marie Vingtras, originaire de Rennes, avocate à Paris, décrit la genèse de Blizzard, son premier roman, publié aux Éditions de l’Olivier.
Située en Alaska, l’intrigue du livre se veut également d’une simplicité troublante : Bess sort en pleine tempête avec un enfant. Le temps de refaire ses lacets – et de lâcher sa main – celui-ci disparaît. Par la suite, quatre personnages prennent tour à tour la parole au fil des chapitres.
Hormis Bess, on trouve dans ce récit choral Benedict, le père de l’enfant, l’ivrogne Cole sans oublier Freeman, un vétéran du Vietnam atterri on ne sait comment dans ce bout du monde. Dans cette course contre la montre pour retrouver l’enfant, la destinée de chacun d’eux va livrer de lourds secrets.
Déployant un art du monologue ciselé, Blizzard est maîtrisé de bout en bout. Évoquant aussi bien à Russell Banks que les espaces de désolation chez Ron Rash, Marie Vingtras signe un puissant roman sur la culpabilité. L’avalanche de prix qu’il a obtenus et le succès populaire qu’il a rencontré en ont fait l’une des découvertes de 2021.
Ce qu'en dit la presse ...
Avec une maîtrise rare, un souffle pour le moins lyrique, Marie Vingtras nous donne une histoire forte, peuplée d’êtres solitaires, violents, en quête de
rédemption
Le Figaro
Bibliographie
Blizzard,
Éditions de l’Olivier, 2021.
ANTONIO SCURATI
DIMANCHE 24 SEPTEMBRE / 18H - Museu di Bastia
Professeur à l’université de Milan, collaborateur régulier à La Stampa, Antonio Scurati mène en parallèle une carrière de romancier qui lui vaut de premières distinctions, notamment pour Le Survivant qui obtient le prix Campiello en 2005.
Mais rien ne préparait au choc de M, l’enfant du siècle, premier tome d’une saga consacrée à Benito Mussolini. Prix Strega en 2019, l’ouvrage retrace en quelque 800 pages les mécanismes qui ont permis l’ascension du dictateur de 1919 à 1925. D’emblée, le style de Scurati frappe les esprits : des chapitres courts dans lesquels une reconstitution minutieuse des faits se mêle à un puissant pouvoir fictionnel.
Le même dispositif est adopté dans M, l’homme de la providence, qui aborde l’apogée du fascisme entre 1925 et 1933. Sorti en France en septembre 2023, M, les derniers jours de l’Europe reprend quant à lui le récit en 1938 et relate l’alignement sur l’Allemagne nazie, la mise en œuvre des lois raciales et la marche de l’Italie vers la guerre.
Tome après tome, le succès de la saga ne faiblit pas en Italie, culminant à plus de 500 000 exemplaires vendus. À mi-chemin entre l’histoire et la littérature, Scurati signe un portrait total, et une nouvelle lecture du fascisme qui fait d’ores et déjà date.
Ce qu'en dit la presse ...
Le défi était immense. Il est magnifiquement relevé et offre ce qu’il y a de meilleur dans le genre du roman historique.
Le Monde
Bibliographie sélective



Le Survivant, Flammarion, 2008.
M, L’enfant du siècle,
Les Arènes, 2020.
M, l’homme de la providence, Les Arènes, 2021.
M, les derniers jours de l’Europe, Les Arènes, 2023.

